RECHERCHE & DOCUMENTATION DU SOMMEIL
Lyon · Depuis 1988Nous contacter
CERPANCentre d’Étude et de Recherche
sur les Parasomnies
et Anomalies Nocturnes
Observer. Documenter.
Transmettre.

DOSSIER SCIENTIFIQUE

Incubes et succubes : oppression, contact et figures du récit nocturne

Distinguer un phénomène décrit par les chercheurs des personnages que l’histoire et le folklore lui associent.

Livre ancien ouvert sur une gravure de cauchemar dans une salle de lecture
Fonds photographique du Centre

Le mot incube possède plusieurs usages

Le terme incube peut désigner une figure du folklore, mais il est aussi employé dans des travaux sur une expérience de paralysie du sommeil associant présence et impression de pression corporelle. Le passage d’un usage à l’autre doit être explicite. Une catégorie d’expérience ne fournit pas la preuve d’un visiteur extérieur.

Dans le fonds du Centre, l’intitulé original est conservé en regard de la description sensorielle. Une fiche marquée « incube » peut donc nécessiter une nouvelle lecture avant d’être comparée à une étude utilisant ce mot avec une définition plus étroite.

Ce qu’examine la recherche publiée

Molendijk et ses collègues ont étudié séparément la paralysie du sommeil et le phénomène d’incube dans deux populations, l’une étudiante, l’autre hospitalisée. Leur démarche souligne l’importance de questions qui ne confondent pas automatiquement immobilité et présence oppressante. Les résultats de ces groupes ne sont pas des taux applicables à toute population. Molendijk et al. (2022) ↗

La pression perçue, la présence attribuée et la peur sont relevées comme des composantes du récit. Les regroupements proposés par Cheyne et ses collègues aident aussi à distinguer cet ensemble des seules impressions de mouvement ou de flottement. Cheyne, Rueffer & Newby-Clark (1999) ↗

La succube : une figure, pas un diagnostic

Le vocabulaire du fonds distingue la succube, figure féminisée de certains récits de visite nocturne, d’une description clinique. Une apparence féminine, une sensation tactile ou une interprétation intime ne permettent pas de déduire l’identité d’une entité. La question porte d’abord sur ce qui a été perçu et sur les mots utilisés pour le raconter.

Une documentation rigoureuse n’efface pas les récits de contact au motif qu’ils seraient gênants. Elle n’impose pas non plus une lecture sexuelle à une pression ou à une proximité qui n’étaient pas décrites ainsi. La qualification appartient à la source avant d’appartenir au catalogue.

Dossier I-06 : un entretien à catégories séparées

Le protocole I-06 prévoit un récit libre, puis une reprise sur la localisation du contact, la mobilité rapportée et l’identification de la figure. L’enquêteur ne propose pas les mots incube ou succube avant la fin de cette reprise. Un terme utilisé spontanément est signalé comme tel.

Les modalités de diffusion font partie de la fiche. Les détails non nécessaires à l’analyse comparative ne figurent pas dans les exemples publics. Le refus de préciser une sensation est conservé comme une limite de l’entretien, sans invitation à compléter la scène.

Hypothèses et vérifications documentaires

La série compare les mots employés pour l’oppression, le poids et la proximité. Elle vérifie aussi si le récit était déjà associé à une gravure, une lecture ou une histoire transmise. Ce contexte n’est pas une explication automatique, mais il empêche de considérer comme entièrement indépendants des détails issus d’une source commune.

La lecture ne cherche pas à transformer un cas saisissant en démonstration générale. Un récit détaillé peut rester sans chronologie suffisante. Deux descriptions proches peuvent différer sur le moment du sommeil, sur l’immobilité ou sur l’état de conscience rapporté.

Une frontière à maintenir dans les publications

Le dossier emploie les noms du folklore pour étudier des récits, pas pour établir un inventaire biologique ou surnaturel. Les références scientifiques étayent la description d’expériences ; elles ne valident pas les personnages qui peuvent leur être associés.

Les notions d’incube, de succube, de présence indéfinie et de Hatman restent ainsi comparables par leurs motifs sans être déclarées identiques. Le catalogue conserve la pluralité des histoires et les limites des méthodes qui les examinent.

Sources & lectures de référence

Les études ci-dessous sont des publications extérieures au CERPAN. Les notices de méthode du Centre exposent séparément son cadre de lecture.

  1. Molendijk et al. · 2022The incubus phenomenon: prevalence, frequency and risk factors in psychiatric inpatients and university undergraduates

    Frontiers in Psychiatry · DOI : 10.3389/fpsyt.2022.1040769

  2. Cheyne, Rueffer & Newby-Clark · 1999Hypnagogic and hypnopompic hallucinations during sleep paralysis: neurological and cultural construction of the night-mare

    Consciousness and Cognition · DOI : 10.1006/ccog.1999.0404

Consulter la bibliographie commentée ↗
RÉFÉRENCE À CITER

CERPAN. Incubes et succubes : oppression, contact et figures du récit nocturne. Dossier scientifique, DS-26-04, 2026.

CORRESPONDANCE SCIENTIFIQUE

Une question, un document à consulter ?

Contacter le Centre