RECHERCHE & DOCUMENTATION DU SOMMEIL
Lyon · Depuis 1988Nous contacter
CERPANCentre d’Étude et de Recherche
sur les Parasomnies
et Anomalies Nocturnes
Observer. Documenter.
Transmettre.

CAHIER DE RECHERCHE

Faux réveils et géhennes : documenter l’impression de ne pas sortir du rêve

Du réveil rêvé à la série de retours apparents : vocabulaire, chronologie et limites de l’observation.

Lit et carnet reflétés dans le miroir d’une chambre d’observation au petit matin
Fonds photographique du Centre

Se réveiller dans le récit

Un faux réveil est une expérience au cours de laquelle la personne rêve qu’elle se réveille et peut croire avoir repris une activité ordinaire. Le récit peut inclure la chambre, le geste de se lever ou le fait de commencer à noter le rêve. Le sentiment de familiarité ne suffit donc pas à dater un retour effectif à la veille.

Dans l’étude de Mainieri et de ses collègues, deux épisodes de faux réveil ont été captés dans un petit ensemble d’observations polysomnographiques. Le profil analysé était proche de celui des épisodes de paralysie du sommeil enregistrés dans la même étude. L’effectif appelle à la prudence dans toute généralisation. Mainieri et al. (2021) ↗

Pourquoi le fonds emploie-t-il le mot géhenne ?

Dans la terminologie interne du CERPAN, géhenne regroupe les récits où une sortie du cauchemar semble répétitivement annulée : une porte mène à la même pièce, un réveil se révèle rêvé ou une scène ordinaire recommence avec une différence. Ce mot appartient au vocabulaire documentaire du fonds.

Il ne s’agit pas d’un diagnostic reconnu ni de la démonstration d’un sommeil sans retour. Le terme permet de retrouver une configuration récurrente des récits sans confondre une durée ressentie, une durée racontée et une durée enregistrée. Les trois restent décrites séparément.

Dossier G-03 : cartographier les réveils apparents

Le cahier G-03 représente chaque réveil rapporté comme un nœud de récit. À côté figurent l’action accomplie, la preuve supposée de la veille et le détail qui a ensuite rendu cette preuve incertaine. Le schéma suit l’ordre du témoignage sans présumer qu’il reconstitue exactement l’ordre des états de sommeil.

Le carnet retrouvé, le verre d’eau déplacé et la lumière allumée reçoivent des statuts différents selon qu’ils appartiennent uniquement au récit ou qu’un élément indépendant les documente. La fiche peut rester sans point de sortie confirmé lorsque les informations manquent. Cela décrit une lacune du dossier, pas un état permanent du sujet.

Une chambre familière, une différence minime

Le classement s’intéresse aux changements qui rendent les répétitions identifiables : une poignée de l’autre côté, un bruit absent, un texte devenu illisible ou une figure plus proche. Ces détails restent attribués à la scène où ils sont racontés. Ils ne sont pas regroupés en un décor unique pour rendre l’histoire plus cohérente.

Lorsqu’une silhouette apparaît, elle est décrite à part. Le nom Hatman, s’il a été proposé après la lecture du récit, ne remplace pas les mots initiaux du participant. Cette séparation évite de faire d’une figure connue la cause supposée de tous les faux réveils.

Le temps vécu ne constitue pas une horloge

Une longue suite d’événements racontés n’indique pas automatiquement une longue durée mesurée. La fiche G-03 conserve le temps subjectif comme une dimension du vécu, tout en cherchant des repères distincts pour la chronologie. Les deux informations peuvent être incomplètes.

Les expressions « toujours », « encore » ou « je n’en sortirai pas » sont des éléments de l’expérience et de son récit. Elles ne sont pas utilisées pour conclure qu’un rêve se prolongerait indéfiniment. Une hypothèse spectaculaire ne remplace pas un indice manquant.

Conserver les cas ouverts sans les mythifier

Un cas demeure ouvert lorsque les documents ne permettent pas de relier toutes les versions ou de confirmer une chronologie. Le cahier en indique la raison. Il ne transforme pas une absence d’entretien de clôture en preuve d’une disparition.

Cette exigence donne au mot géhenne sa place précise : un repère de lecture dans les collections du Centre, en lien avec les recherches sur les faux réveils et leurs limites. Le dossier public privilégie les méthodes de description plutôt qu’une promesse d’explication totale.

Sources & lectures de référence

Les études ci-dessous sont des publications extérieures au CERPAN. Les notices de méthode du Centre exposent séparément son cadre de lecture.

  1. Mainieri et al. · 2021Are sleep paralysis and false awakenings different from REM sleep and from lucid REM sleep? A spectral EEG analysis

    Journal of Clinical Sleep Medicine · DOI : 10.5664/jcsm.9056

Consulter la bibliographie commentée ↗
RÉFÉRENCE À CITER

CERPAN. Faux réveils et géhennes : documenter l’impression de ne pas sortir du rêve. Cahier de recherche, CD-26-02, 2026.

CORRESPONDANCE SCIENTIFIQUE

Une question, un document à consulter ?

Contacter le Centre